AMHE

L’acronyme AMHE (Arts Martiaux Historiques Européens) est utilisé depuis le début des années 2000. Depuis les années 90 en Europe, une contagion passionnée s’est emparée de praticiens de sports de combats, d’universitaires, de rêveurs, parfois des trois en même temps dans la façon dont nos ancêtres du Moyen Âge se battaient, de comprendre et reproduire le geste guerrier. Etant donné qu’il s’agit d’un phénomène contemporain en pleine construction, les hypothèses de compréhension ne sont pas nécessairement fixes et demeurent partiellement incomplètes.

Les AMHE sont un art martial car ils font référence à l’art du dieu Mars, dieu romain de la guerre, qui contient l’ensemble des principes et des techniques utilisées au combat. L’art des hommes qui avec des armes diverses, à des époques diverses et des techniques diverses ont su protéger une idée, un bout de terre, un groupe d’humains. Cet art est historique car il est basé sur des sources directes (traités de combat) et périphériques (iconographiques, chroniques, règlements, objets archéologiques, etc.) et européen car ces sources proviennent d’un espace culturel définit, l’Europe.

La transmission de l’art du combat médiéval a été interrompue par divers facteurs. Les écoles comme les techniques et les armes ont évolué avec leur temps, les changements apportés par la guerre, la sophistication des armes à poudre ou l’évolution même de la société. Aujourd’hui les arts martiaux historiques européens ne peuvent être étudiés dans leurs conditions originales : nous ne vivons pas dans une communauté médiévale ou une cité-état, ni ne sommes engagés dans des duels judicaires ou pour l’honneur, ni préparés à une guerre d’époque. L’étude des AMHE n’est pas une affaire de vie ou de mort. La résurrection des compétences dans l’art du combat ne sont qu’une approximation, même très proche, de la réalité d’une époque.

Pour bien commencer l’étude du geste guerrier il faut une démarche, une approche dite scientifique, pour créditer le travail effectué. La matière principale est constituée des traces écrites que nous ont laissé des maîtres d’armes à travers ce que nous appelons des livres d’armes (Fechtbücher) appelés aussi traités de combats ou traités d’escrime.

Les maîtres d’armes on laissé leurs connaissances dans des livres d’armes qui forment un corpus important de manuscrits traitant de l’art du combat et de l’escrime. Ils englobent dans la majorité la période du XIIIe siècle à la renaissance. Les traités exposent des techniques de combat généralement divisés en sections, en fonction des armes utilisées. Chacune de ses sections est elle-même divisée en pièces qui correspondent à des techniques ou à ses enchaînements. La compréhension des textes et leurs analyses martiales passent aussi par le travail et les échanges, armes à la main, dans nos salles d’armes, lors de séminaires et de stages. La traduction des traités est une chose, son interprétation en est une autre. Nous partons du postulat que l’escrime ancienne et historique est une langue composée de nombreux dialectes, une langue qui se parle avec le corps, les sens, non seulement avec le verbe. Ce qui fait qu’un combattant, peu importe l’école, le maître, le traité, l’origine ou l’époque arrivera à se faire comprendre par son disciple, son partenaire, son adversaire et, partant, son ennemi.

Les AMHE sont a distingués des arts scéniques même si le combat monté puise ses sources dans le combat historique. L’escrime de spectacle est une modalité pensée pour le show. Dans ce cas, il n’y a pas de forme rigide établie, du coup il existe de nombreuses variations sur le sujet de même qu’une grande variété d’armes utilisées. On ne cherche pas l’efficacité du combat (comme on l’entend en escrime historique), les mouvements sont amplifiés avec de longs échanges de coups, de moulinets, de saut, des coups de pieds ou manchettes et acrobaties en tout genre, de quoi se faire trouer le dossard si on était dans la réalité comme le dit si bien mon maître d’armes (en escrime sportive). Nous sommes loin de la réalité effective du combat. Le combat est simulé, chorégraphié pour permettre une fluidité dans l’enchaînement des mouvements et donner ainsi l’impression d’un combat réel tout en échappant à la dangerosité de l’acte (il n’y a pas ou peu de protection).

voir aussi: Les AMHE sur ffamhe.fr et définition AMHE sur gagschola.ch.